Journée internationale de l’épilepsie : sensibilisation, alimentation et bien-être
La Journée internationale de l’épilepsie, célébrée chaque année le deuxième lundi de février, est une occasion de sensibiliser le grand public à cette maladie neurologique qui touche près de 50 millions de personnes dans le monde. En France, grâce à des associations comme France Épilepsie, de nombreuses initiatives sont menées pour éduquer, soutenir les familles et promouvoir une meilleure prise en charge des patients.
Comprendre l’épilepsie : une maladie complexe et multifactorielle.
L’épilepsie est une affection neurologique chronique qui touche le cerveau, et se manifeste par des crises récurrentes. Ces crises sont le résultat d’une activité électrique anormale des neurones. On distingue plusieurs types de crises épileptiques :
- Crises généralisées : elles touchent l’ensemble du cerveau, entraînant des convulsions, des pertes de conscience ou des mouvements incontrôlés ;
- Crises focales : elles se limitent à une zone précise du cerveau et peuvent se traduire par des comportements atypiques, des sensations inhabituelles ou des troubles de la conscience.
Les causes de l’épilepsie sont diverses, englobant des facteurs génétiques, des lésions cérébrales, des infections survenues durant la grossesse ou des traumatismes crâniens. Cependant, dans de nombreux cas, l’origine précise de la maladie demeure indéterminée.
Ce trouble a également un impact significatif sur la qualité de vie des personnes atteintes, les crises étant souvent imprévisibles, ce qui peut engendrer un stress considérable et des difficultés dans la vie quotidienne, que ce soit sur le plan professionnel, scolaire ou social.
Alimentation et épilepsie : mythes et réalités.
Aliments à privilégier pour les personnes épileptiques.
Une alimentation variée et équilibrée est recommandée, avec un accent particulier sur :
- Les fruits et légumes, riches en vitamines B9 et K ;
- Les produits laitiers, sources de calcium et de magnésium ;
- Les viandes, apportant de la vitamine B12 ;
- Les poissons gras, pour leur teneur en vitamine D.
Maintenir une glycémie stable.
Les fluctuations importantes de la glycémie peuvent, dans des cas extrêmes, favoriser la survenue de crises. Il est donc recommandé de :
- Privilégier les aliments à index glycémique bas ;
- Éviter les excès de sucreries et de caféine ;
- Consommer des protéines à chaque repas pour stabiliser la glycémie.
Les carences : un danger méconnu pour les personnes épileptiques.
Imaginez votre cerveau comme un ordinateur ultra-sensible. Le magnésium et certaines vitamines sont comme des « stabilisateurs » essentiels qui empêchent les « courts-circuits » nerveux. Quand ces nutriments manquent, votre cerveau devient plus fragile et plus susceptible de déclencher des crises d’épilepsie.
Les médicaments antiépileptiques, bien qu’indispensables, ont parfois l’effet secondaire de « vider » votre corps de minéraux et vitamines précieux. C’est un peu comme si votre traitement vidait votre réservoir de carburant en même temps qu’il vous protège. Les conséquences ? Une fatigue plus importante, un risque accru de crises, et un système nerveux moins bien protégé.
Les interactions entre alimentation et traitements anti-épileptiques.
Les traitements anti-épileptiques (TAE), bien que souvent efficaces, peuvent avoir des interactions complexes avec certains aliments. Par exemple, la consommation de pamplemousse est à éviter, car elle peut altérer le métabolisme de certains médicaments, augmentant ainsi leurs effets secondaires ou diminuant leur efficacité. De même, l’alcool est fortement déconseillé puisqu’il peut déclencher des crises ou interagir négativement avec les médicaments.
Traitement antiépileptique et prise de poids.
La prise de poids est un effet secondaire fréquent de certains traitements antiépileptiques, notamment la dépakine (valproate) qui est connue pour augmenter l’appétit. Ce phénomène s’explique par plusieurs mécanismes :
- Augmentation de l’appétit : certains médicaments stimulent la faim, incitant les patients à manger davantage ;
- Ralentissement du métabolisme : les antiépileptiques peuvent réduire les dépenses énergétiques du corps ;
- Fatigue accrue : l’asthénie induite par le traitement peut réduire l’activité physique ;
- Rétention d’eau : certains médicaments favorisent la rétention hydrique ;
- Modifications hormonales : les traitements peuvent affecter le système endocrinien, influençant le stockage des graisses.
Il est important de noter que la prise de poids n’est pas systématique et varie selon les individus. Une surveillance attentive, des conseils nutritionnels et un suivi médical régulier peuvent aider à gérer ce problème. Dans certains cas, le médecin peut envisager de changer de traitement si la prise de poids devient préoccupante

L’importance d’une approche nutritionnelle personnalisée.
Chaque personne épileptique est unique, et ses besoins nutritionnels peuvent varier en fonction de son âge, de son sexe, de son type d’épilepsie et de son traitement. Une consultation avec un diététicien spécialisé peut aider à élaborer un plan alimentaire adapté, prenant en compte ces facteurs individuels.
Vers une meilleure compréhension de l’épilepsie.
En cette journée de sensibilisation, il est crucial de continuer à informer, éduquer et soutenir les personnes vivant avec l’épilepsie, leurs familles et la société dans son ensemble. Une meilleure compréhension de la maladie et de ses enjeux, y compris nutritionnels, est essentielle pour réduire la stigmatisation et améliorer la prise en charge globale des patients épileptiques en France et dans le monde.
En soutenant des initiatives comme celles portées par France Épilepsie, chacun peut contribuer à faire avancer la recherche, briser les tabous et offrir une meilleure qualité de vie aux personnes touchées.